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Le pontage aorto-coronaire constitue un traitement chirurgical des lésions coronaires athéroscléreuses responsables d'angine de poitrine ou d'infarctus du myocarde. Ce fascicule a été rédigé pour aider les patients auxquels ce type d'intervention est proposé. Il ne prétend pas répondre à toutes les questions qui pourront alors être posées au médecin.
Les artères coronaires sont les deux artères qui entourent le coeur et fournissent du sang au muscle cardiaque. Ces deux artères naissent de la partie initiale de l'aorte. L'athérosclérose est caractérisée par un dépôt de graisse et de fibres à l'intérieur de cette artère aboutissant à un rétrécissement de son calibre, voire à l'obstruction complète de celle-ci. L'obstruction d'une artère coronaire réduit le flux sanguin atteignant le muscle cardiaque. Lorsque le flux sanguin est réduit, il peut en résulter des douleurs d'angine de poitrine ou même un infarctus du myocarde.
QU'EST-CE QUE LE PONTAGE AORTO-CORONAIRE ? Le pontage aorto-coronaire est une intervention chirurgicale qui consiste :
QUEL EST LE BUT DU PONTAGE AORTO-CORONAIRE ? Le but du pontage aorto-coronaire est d'apporter de nouveau au muscle cardiaque un flux sanguin satisfaisant. Si le flux sanguin redevient satisfaisant, cela signifie la disparition ou la diminution très notable de l'angine de poitrine, la réduction des prescriptions médicales, l'amélioration des performances physiques. L'opération peut également prolonger la durée de vie.
Quelque temps avant votre admission à l'hôpital, vous rencontrerez l'anesthésiste en consultation. L'admission à l'hôpital pour l'opération est habituellement programmée 24 heures avant la date de l'intervention. Durant cette période, vous prendrez contact avec l'équipe chirurgicale, l'équipe des cardiologues, des anesthésistes, des infirmières et des kinésithérapeutes qui vous soigneront pendant et après l'opération.
Avant l'opération, les zones où le chirurgien opérera, seront rasées et aseptisées soigneusement.
Habituellement, les interventions cardiaques sont décidées d'avance, programmées. Il peut arriver que le programme chirurgical puisse être retardé en raison d'une urgence chirurgicale provoquée par un autre patient. Le retard est évidemment très désagréable pour le patient et sa famille, mais habituellement la raison en est comprise. L'opération est effectuée ultérieurement, aussitôt que possible.
Les objets personnels tels que les lunettes, les prothèses, les montres, les bijoux, les lentilles de contact sont remis à la famille ou à l'infirmière avant de gagner la salle d'opération. Quelque temps avant l'opération, vous recevrez des médicaments qui tranquillisent et qui diminuent l'anxiété. Vous serez à jeun et conduit en salle d'opération dans votre lit.
En général, cette opération dure de 3 à 6 heures ; cependant la durée de l'opération dépend de la complexité de l'état cardiaque. Il en résulte que chaque opération est différente et que la durée peut être difficile à prévoir d'un patient à l'autre.
Une fois que l'opération est terminée, les patients sont soignés pendant 24 à 72 heures dans une unité de soins intensifs ; c'est là que le patient reprend conscience après que les effets de l'anesthésie se soient dissipés.
De très brèves visites peuvent être effectuées en unité de soins intensifs le lendemain de l'opération. Par contre la famille peut prendre des nouvelles par téléphone.
Les cathéters sont de petits tubes qui sont placés généralement dans les veines pour administrer des médicaments et des solutés de perfusion. Ils peuvent être utilisés pour prélever des échantillons sanguins et enregistrer de façon continue la pression sanguine. Il peut y avoir un ou plusieurs drains dans le thorax pour drainer les fluides qui s'accumuleraient anormalement durant et après l'opération. Les électrodes sont placées sur le thorax et reliées à un électrocardiographe permettant de surveiller l'électrocardiogramme. Un tube est placé dans la trachée pendant les premières heures pour aider votre respiration : ce tube n'est pas douloureux mais il ne permet pas de parler. L'infirmière de réanimation vous indiquera le moyen qu'il faut utiliser pour indiquer vos besoins.
On peut avoir un peu de fièvre après une opération.
Des exercices de respiration profonde et de toux sont extrêmement importants pour récupérer rapidement. L'infirmière ou le kinésithérapeute peuvent vous aider à ces manoeuvres respiratoires. Beaucoup de patients craignant l'existence d'une douleur ou de malaises ne veulent pas effectuer ces efforts de toux mais il est essentiel qu'ils soient cependant réalisés.
Une fois que le tube de ventilation a été retiré, les liquides peuvent être absorbés, puis rapidement une alimentation semi liquide est utilisée et enfin un régime habituel peut être donné selon la tolérance individuelle.
Le degré d'activité est prescrit individuellement pour chaque patient. Au début, il peut s'asseoir ou marcher autour de la chambre. Ultérieurement, on prévoira une courte période dans le couloir et éventuellement la montée de quelques marches d'escalier.
Un certain nombre de patients se plaignent d'être endoloris mais n'ont pas de douleur. Ceci résulte de l'incision chirurgicale et peut être aidé par une bonne position et des fréquents mouvements des bras et des épaules. Si la douleur est importante, des médicaments peuvent être utilisés pour la calmer.
Immédiatement après l'opération, le thorax est exposé à l'air. Le nombre et la longueur des incisions au niveau des jambes varient d'un patient à l'autre, dépendant du nombre de veines greffées que le chirurgien a dû prélever. Quelques patients ont une seule incision sur une jambe tandis que d'autres ont plusieurs incisions sur les deux jambes. Environ 4 à 5 semaines sont nécessaires pour obtenir la guérison complète de ces cicatrices. La couleur de la plaie changera progressivement du pourpre au rouge rose, retournant ensuite à une coloration normale après plusieurs mois.
Habituellement, la durée de séjour à l'hôpital est de 10 à 15 jours. Durant cette période et encore au delà, certains patients peuvent avoir tantôt des "bons" jours, tantôt de "mauvais" jours avec une amélioration progressive.
Le patient ne sera autorisé à retourner à son domicile que lorsque le médecin aura jugé que sa condition cardiaque est satisfaisante pour continuer la récupération à la maison ou dans un centre spécialisé.
Les patients peuvent rentrer à domicile soit dans leur automobile conduite par leur famille, mais aussi par ambulance ou par train.
Le médecin ou une diététicienne expliqueront comment modifier votre régime diététique. Naturellement, il est prudent de réduire les facteurs de risque de lésions athéroscléreuses en réduisant le sel, la prise des graisses saturées et la consommation de sucres. Il est également important d'avoir un poids normal et de réduire une obésité éventuelle.
Le tabac constitue un facteur de risque majeur de l'athérosclérose coronaire et il est donc strictement conseillé de supprimer totalement et définitivement le tabac.
La fatigue est un phénomène commun après une intervention chirurgicale quoique beaucoup de patients pensent que cela est dû à leur coeur ; en réalité, il s'agit d'une perte d'usage des muscles pendant le temps de l'intervention et de la convalescence. L'exercice est donc un bon moyen de récupérer une certaine musculature en particulier par la marche à condition qu'elle ne soit pas excessive. Les séances de réadaptation sous contrôle médical sont souvent indiquées, soit à l'hôpital, soit dans le centre spécialisé selon les possibilités locales.
Seuls les médicaments prescrits par le médecin à la sortie de l'hôpital seront pris. Certains médicaments seront changés, d'autres qui avaient été prescrits avant l'opération seront continués.
Il faut distinguer trois périodes :
Le pontage aorto-coronaire est réalisé pour vous rendre une vie la plus normale possible, pour supprimer les douleurs, (c'est-à-dire l'angine de poitrine), pour éviter des accidents plus sévères et éventuellement prolonger la durée de vie. Votre médecin et votre cardiologue sont à même de vous conseiller pour la reprise de votre activité professionnelle et la poursuite du traitement. Il convient cependant d'insister sur le fait que le pontage aorto-coronaire a contourné une lésion athéroscléreuse mais n'a pas supprimé la cause de la maladie : il importe donc d'éviter que celle-ci ne se reproduise ou ne s'accélère, en veillant très soigneusement à faire disparaître le plus complètement possible les facteurs de risque :
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